Question 9 :
Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la
planète :
Quel nouveau modèle de développement ?
En guise d’introduction : un nécessaire constat lucide !
En matière d’écologie et de protection de l’environnement, si l’hypothèse du réchauffement
se confirme, 3 voies s’offrent à l’humanité :
- La première : ne rien faire et continuer comme
cela : tout le monde (à l’exception des USA et du gouvernement
Bush) s’accorde pour dire que cette voie n’est plus la bonne car en absence de mesures nous risquons de disparaître.
Même les patrons les plus libéraux ne veulent plus prendre le risque de « tuer la poule aux œufs d’or ».
- La deuxième consiste à simplement adapter nos
habitudes et prendre les mesures destinées à éviter la destruction de la planète pour continuer de vivre, tout en
poursuivant son « exploitation durable », mais en évitant de modifier en profondeur notre « mode de vie », c’est la
voie du grenelle et du développement durable. Tout le monde s’accorde sur cette voie consensuelle car elle convient à tout le
monde, aux écologistes qui se sentent enfin écoutés mais aussi à tous les autres qui veulent modifier le moins possible leur mode de vie et notamment l’accroissement de leur confort, de leur richesses, de leur puissance sur la nature qu’ils veulent
continuer de maîtriser. Cette voie est, en fait, aussi sans issue
car elle est trop tardive et les changements ne seront pas suffisamment profonds pour inverser le
rythme exponentiel de destruction de la planète … (mais les plus optimistes diront
que c’est mieux que rien et qu’elle nous donnera un peu de répit, sauf que cela retarde l’avènement de la
3ème voie ci-dessous et peut la rendre ainsi trop tardive…).
- Enfin il existe encore une troisième voie consistant à
modifier en profondeur notre relation à la nature et à notre « écosystème » planétaire (« Gaïa » d’Edgar
MORIN), en modifiant en profondeur notre mode de vie et donc toutes nos valeurs. Refonder ces valeurs sur
l’interdépendance, la collaboration, la coopération, la compassion… qui devront remplacer la sélection, la concurrence, le combat incessant pour l’accumulation de richesses matérielles. C’est une
nouvelle voie qui doit se fonder sur une véritable évolution spirituelle de l’homme qui devra se transformer lui-même (plutôt que de transformer la nature) pour rechercher et trouver des vraies valeurs spirituelles permettant une
harmonie.
Nous devrons en particulier passer du statut de parasite à celui de symbiote, de la valeur de
« domination » à celle de « respect » des êtres vivants et de la nature …
Cette évolution spirituelle qui serait trop lente si
elle se faisait seule, doit donc être encouragée par des mesures draconiennes, un changement de société par des mesures politiques fortes, parfois symboliques, donnant une nouvelle orientation à notre société.
Il est indispensable de « transformer et améliorer l’homme ». C’est la véritable
écologie politique ! C’est la seule voie qui peut vraiment sauver la planète et
donc l’homme, si, et seulement si, sa mise en œuvre n’est pas trop tardive ….
En guise de développement : L’écologie politique,
un nouveau modèle, fondement d’une rénovation en
profondeur du PS
Il est à noter que l’écologie
dépasse le seul problème du réchauffement climatique, même en son absence, les autres causes de détérioration de l’environnement sont multiples, et
« l’écologie politique » est un nouveau rapport entre l’homme et la nature mais aussi entre les hommes (faire évoluer la société vers plus de partage et moins d’égoïsme). C’est vraiment un choix de société qui pourra se
confirmer concrètement par un nouveau mode de vie plus humain !
Le PS devra donc intégrer dans son projet la nécessaire « révolution écologiste » avec un projet à forte connotation écologique. Seule la gauche peut réellement incarner
un tel projet, car l’écologie est porteuse d’une philosophie radicalement différente de celle véhiculée par le « libéralisme économique ». Il suffit,
pour s’en convaincre, de lire le recueil « L’an I de l’ère écologique » d’Edgar MORIN.
Le PS devra construire une alliance forte avec les « Verts » ! N’oublions jamais qu’ils ont raison depuis
plus de 25 ans et qu’ils ont créé « l’écologie politique » alors comme on peut le dire : « respect !».
Pourquoi ne pas envisager une fusion entre les Verts et le
PS (Parti Socialiste & Ecologiste ?), ce qui
permettrait d’avoir un « courant écologique » fort au sein de ce nouveau PSE, renforçant les chances que les bonnes intentions deviennent réellement des actes.
Ce nouveau parti pourrait être comparé à un arbre qui plonge ses racines
dans le glorieux terreau du passé du socialisme et tourne ses branches vers la lumière de
l’avenir de l’écologie.
L’Etat devra aider les citoyens à se déconditionner
de leurs habitudes consuméristes actuelles en prenant des mesures contraignantes incitant à modifier les comportements dans
un nouveau modèle de développement, le pôle écologique du PS fait du très bon travail et il faut s’appuyer sur ses
travaux.
Quelques pistes sont à explorer, par exemple
:
- taxe carbone significative,
- éco vignette automobile qui ne soit pas le gadget actuel du
grenelle,
- aides significatives et
simples (suppression de la TVA) aux
produits les moins polluants (ampoule basse énergie, véhicules non pétrole…)
- taxation élevée des transports routiers pour développer
significativement le ferroutage, et politique fortement incitatrice des transports en commun subvention de la SNCF et gratuité des transports
urbains (coût intégré dans les impôts, plus on prend les transports en commun plus on « rentabilise » ses impôts…).
- mise en place d'une taxe écologique sur les échanges de biens et
fournitures prenant en compte le bilan écologique (et social ?) des produits à négocier énergiquement au sein des instances européennes et internationales,
- taxation des énergies fossiles, polluantes ou à risques
(nucléaire) pour développer les énergies
nouvelles avec de très grands moyens (par exemple la création d'une "société nationale des énergies nouvelles" avec des moyens
comparables à EDF et en concurrence avec elle pour l'approvisionnement énergétique),
- aides significatives et
simples pour les énergies nouvelles privatives (petites éoliennes privées, chauffage solaire, électricité photovoltaïque
...),
- ticket de rationnement de l'essence en fonction des différentes
situations privées, géographiques, professionnelles...
- interdiction des sports mécaniques fortement polluants
(c'est ce foutre de la tête des gens de leur demander de se rationner alors qu'ils regardent les courses de F1 et autres
...),
- limitation des déplacements sur des longues distances en particulier
dans le tourisme, une réflexion sur une utilisation raisonnée par des campagnes de sensibilisation à l’impact écologique des longs déplacements (lutter contre ce nouveau snobisme du voyage : « regarde comme je suis important et puissant je parcours le globe plus vite que le vent »...) ; pour les voyages utilitaires Internet doit permettre de les limiter. Créer un label pour l’écotourisme, le faire connaître et favoriser son développement (éco vignette : baisse des charges pour
l’écotourisme, taxation du tourisme polluant…).
- revoir en profondeur l'agriculture, les méthodes agricoles,
supprimer le ministère de l'agriculture, qui n'est qu'un instrument de lobbying, en éclatant ses activités sur les autres ministères (en
particulier la sécurité sanitaire de l'alimentation qui doit avoir une vision impartiale),
- prendre des mesures incitatives à la déconcentration des activités
humaines sous toutes leurs formes (cela permettra une reconquête des territoires),
- et d’autres encore
...
On constate que beaucoup de propositions reposent sur une nouvelle fiscalité. La grande réforme fiscale attendue par les
français doit être écologique et préparée avant 2012 !!
En guise de conclusion :
UN RESUME CHOC
§ Sur le fond =
- l'écologie politique est une valeur de gauche : société de partage et de la
modération ; respect de l'autre et du patrimoine commun qu'est notre environnement ; croissance compatible avec les contraintes écologiques ; passage d'une société de "surconsommation" fondée sur
le plaisir égoïste à une société de consommation raisonnable et équitable ... ;
- l'implication du PS sur le thème de l'écologie doit être sincère et
profonde : une véritable évolution culturelle (pas un simple argument électoral) mais nous devons rester humble et respecter nos partenaires que sont les Verts
(car ils avaient raison, bien avant tout le monde...) ;
- la "Déclaration de Principe du PS" doit être fondamentalement écologique. Elle doit
prendre en compte les amendements du "pôle écologique du PS" qui sont tous très pertinents. Le travail du "pôle écologique du PS" doit être encouragé.
§ Sur la forme =
- cette implication de notre parti dans l'écologie politique, sera une opportunité pour une
refondation en profondeur : c'est le seul thème vraiment nouveau qui peut moderniser notre parti, même si les autres thèmes restent parfaitement et encore plus que jamais
d'actualité (social, laïcité...) ils restent des thèmes historiques...
- le PS pourrait même, s'il en avait le courage et le talent, profiter de
l'occasion de cette révolution culturelle pour changer son nom, par exemple devenir le PSE (Parti Socialiste et Ecologiste, cela serait aussi un clin d'oeil vers notre partenaire européen...) ou encore mieux le MSE (Mouvement Socialiste et Ecologiste) l'idée de « mouvement » moderniserait notre image par
rapport à celle du terme « Parti » qui a une image plus statique et passéiste ;
- enfin, on peut rêver à une fusion du PS avec les Verts qui pourraient former un vrai
courant au sein du PSE ou MSE, ce qui aurait beaucoup d’avantages réciproques pour les deux partenaires (mais c'est un rêve pour lequel nous ne sommes malheureusement pas tous mûrs… alors que
les français attendent de tels bouleversements dans l'échiquier politique qui n'a pas significativement évolué à gauche depuis 30 ans).
Dans tous les cas nous devons mieux formaliser notre alliance avec les Verts (ne pas donner l'impression de leur confisquer leur spécificité ou de
leur donner des leçons ...).
Question 10 :
Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement
citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir
sereinement ?
§ Un article du monde (d’avril 2008) a fait une très bonne description du PS et du rôle trop prédominant des « élus professionnels »… Il faut
sortir, aussi difficile que cela puisse être, de la professionnalisation de la politique. Cette dernière met en effet la priorité sur le
renouvellement des mandats pour éviter la mise au chômage des politiques ce qui a pour conséquence une sclérose des partis avec la peur de prendre
des risques…
- La mesure révolutionnaire à proposer est la limitation à 12 années de mandat consécutives (2 mandats de maires ou de député…), une reprise d’une activité politique
pourrait être envisagée après un passage dans la « vie civile », ramener le mandat de sénateur à 6 ans.
Pour permettre cette mesure il faut proposer des dispositifs d’accompagnement (emplois réservés dans les administrations, les grandes entreprises
et développement des aides pour la création d’entreprise : assistance juridique gratuite et prêts à taux 0%...). Il faut oser la nouveauté des mesures qui ont existé pour d’autres
catégories (militaires, handicapés…).
L’alternance entre la vie politique et la « vie civile » aura beaucoup d’avantages : les élus seront prêts à prendre plus de risques
dans le combat des idées car ils ne seront plus « agrippés » à leur mandat personnel, en outre des « replongées » régulières dans la « vie civile » amélioreront leur
compréhension des problèmes des électeurs…
- Une autre mesure consisterait à ne plus lier le
financement des partis avec les élus (plus un parti a d’élus, plus il est riche) mais de le rendre proportionnel au nombre de voix obtenues. Les élus ne seraient plus
autorisés à verser des fonds à leur parti, ces derniers (prélevés sur les salaires des élus sur la part qu’ils n’auraient plus à verser à leur parti) seraient directement versés aux
partis en fonction des voix obtenues.
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